Voici, quelques mois s’achevait la premier session d’une formation au métier de la qualification logicielle. Malgré, les besoins croissants recensés dans ce domaine d’activité, il s’agissait de la première initiative de ce type. Cette première promotion comptait plus de 30 participants, qui exercent depuis quelques mois leur nouveau métier. Nous avons demandé à quatre d’entre eux (Marc, Aymeric, José, Donat) de nous livrer leurs premières impressions quand à leur nouvelle activité. Ils nous confient leurs sentiments à propos de la perception qu’ils acquièrent de ce métier, ou encore de leur statut actuel et à venir. Loin des discours réducteurs sur l’intérêt des métiers de la qualification, ils mettront du baume au cœur et donneront une motivation supplémentaire, aux participants des nouvelles promotions de cette formation.
Testissimo : "Quelle idée vous faisiez vous de la qualification et du test des logiciels avant cette formation ?"
" Je travaillais dans une entreprise éditrice de logiciels en tant que développeur. Et nous nous ne menions pas de campagne de qualification du fait de la taille de la structure et du manque de temps. La correction des anomalies se faisait donc très en aval de la vie du projet, d’où des coûts de maintenance très élevés. Donc, quelque part j'en avais compris la nécessité, mais je n'imaginai pas que cela puisse être un métier, qui bénéficiait de méthodes et d'innovations de la part des éditeurs"
José : Pour moi, il s’agissait de l’étape finale dans le cycle de vie d’un logiciel, celle où l’on s’assure simplement que le produit fait ce que l’on attend de lui. Je ne pensais pas qu’il s’agissait de processus qui étaient à l’œuvre dès le démarrage d’un projet informatique.
Donat : D'après l'expérience que j'en avais eu, la qualification correspondait d'une part aux tests unitaires et d'autre part aux tests fonctionnels (de la stratégie de recette à l'exécution des tests). Les spécifications étaient bien établies mais n'étaient associées qu'au développement. Cette vision de la qualification était malgré tout assez complète mais assez informelle
Aymeric : J’avais travaillé dans les tests et la recette, avant la formation. J'avais donc une bonne idée de ce que c'était
Testissimo : "Pensiez-vous qu’il s’agissait d’un métier à part entière ?"
José : D’une activité Qualité s’intégrant à un projet de développement, oui. Mais, effectivement, pas à un métier formalisé par une structure organisationnelle, par des outils et par des méthodologies basées sur le retour d’expérience et le savoir faire.
Aymeric : Tout à fait. Un métier transverse qui permet une communication avec tous les niveaux d'un projet. En ce sens, cela n’a pas été une découverte
Marc : Bien entendu la qualification est un métier à part entière et ne doit pas être prise en charge par les développeurs (pour la plus grande partie), elle est devenue une étape indispensable dans la conduite de gros projets. On imagine plus mener à bien un projet impactant le SI sans mener des phases de recettes.
Donat : Non, cela correspondait plus à certaines tâches parmi d'autres. Je travaillais en assistance à maîtrise d'ouvrage. Nous faisions de la qualification sans la nommer.
Testissimo : "Avec le recul, la formation vous a-t-elle apporté une « visibilité » sur le métier que vous alliez exercer ?"
" La formation m'a apporté beaucoup sur le métier de chef de projet, et sur la gamme des outils de test. Je l'ai trouvé instructive et intéressante. Mais la mission que j’assure aujourd’hui (Administrateur TD) n’utilise qu'une partie de l’ensemble de cet enseignement. Je pense que j'étais déjà capable de faire ce métier, j'ai eu avec la formation les bases pour le faire et une vue d'ensemble de mon rôle par rapport aux projets et aux personnes qui travaillent avec moi. Mais pendant la formation la "visibilité" des futurs métiers possible est tout de même restée parcellaire"
José : Une visibilité mais surtout un bagage de connaissances et l’opportunité de bénéficier de l’expérience de nos formateurs. Cela m’a permis de conceptualiser le métier de la qualification logiciel et m’a fourni des clefs que je peux utiliser aujourd’hui dans mon activité professionnelle.
Marc : La formation m’a apporté une vision de la conduite de projet et de la qualification au sein de ce projet dans les grandes entreprises. Cette approche a été bénéfique pour mon expérience actuelle puisque la qualification dans ce groupe est très proche de la vision que nous avions eue en formation.
Donat : Oui. Avec une visibilité souvent plus poussée (et théorique) que ce qui se fait concrètement à l'heure actuelle. En effet, on insistait beaucoup sur la notion de bonnes pratiques, tout en précisant que ces dernières n’étaient pas forcement à l’œuvre dans beaucoup d’entreprises
Testissimo : "Quelles sont vos missions aujourd’hui ?"
" Je suis actuellement en mission chez un opérateur de téléphonie mobile au sein d’une unité de production de services. Mon activité est liée à la validation des services intégrés aux prototypes mobiles fournis par les constructeurs.
Dans ce cadre, je participe à la réalisation des tests sur l’ensemble de ces services et au suivi des anomalies détectés auprès des pilotes projet.
Le recul que m’a apporté la formation par rapport à la qualification me permet également de prendre en charge la correction de certains plans de test mal adaptés ou ne fournissant pas des métriques « qualité » satisfaisantes pour mesurer la maturité d’un produit."
Marc : Je travaille pour le même opérateur de Téléphonie mobile. Ma mission est duale. D’une part, je m’occupe de la modélisation des processus métiers et procédures opérationnelles pour les grands projets transverses qui vont impacter un grand nombre d’applications, et pour lesquels des tests de « bout en bout » sont nécessaires. D’autre part, j’assiste les maîtrises d’ouvrage pour l’élaboration des plans de test relatifs aux recettes Paliers
Aymeric : Je travaille aujourd’hui pour un opérateur Télécoms. Je suis en charge de l’administration de l’ensemble des projets de qualification, actuellement renseignées à l’aide de l’outil Testdirector. En termes de volumétrie, il s’agit de 250 projets concernant 1400 utilisateurs, en sachant que ce nombre devrait rapidement doubler. Cela représente 140 licences d’utilisation, sous forme de jetons
Donat : Je travaille pour une grande banque. Au sein d’un service, qui procède à la sélection d’outils et développe les meilleures pratiques quand à l’utilisation de ces derniers, pour le compte de toutes les équipes projets. Plus spécifiquement, je suis en charge de l’administration et du support sur les outils Mercury. Mon travail se compose de développement spécifique, de support de niveau 2, et prochainement je devrai être intégré à des actions de formation
Testissimo : "Quel conseil pourriez vous donner à un jeune informaticien pour l’inciter à travailler dans la qualification des logiciels ?"
" Que c'est un passage obligé pour tout projet informatique, même un tableau Excel a besoin d'être testé. Aussi, même si on choisit d'exercer une autre activité, on est plus fort et plus mûr pour appréhender les enjeux d'un projet informatique. C'est aussi, la garantie d'avoir un métier qui n'est pas tributaire des modes, souvent éphémères, qui caractérisent certaines technologies ou méthodes. Enfin, c'est une activité de contacts, qui permet d'être en relation avec tous les interlocuteurs d'un projet."
José : La qualification logicielle se positionne parallèlement aux différents métiers du secteur informatique, et s’applique à tous les domaines fonctionnels (banque, télécoms, industrie…).
Exercer ce métier est donc l’opportunité de découvrir toutes ces activités et de travailler en collaboration avec un grand nombre d’acteurs.
Mais c’est avant tout la satisfaction d’être l’un des garants des processus, tout au long du cycle de vie (de la conception à la mise en production), qui assureront le bon fonctionnement d’un logiciel
Aymeric : En premier lieu, je lui dirai que c'est un métier qui n'est pas encore commun. Qu'en quelque sorte, il fera partie des "pionniers" dans une activité qui est appelée à un très large développement. En second lieu, j'insisterai sur le fait qu'il s'agit d'un métier transverse, qui ne le cantonnera pas à un seul type de tâches, et qui lui donnera donc une vision globale des différents métiers de l'informatique.
Marc : La qualification permet à de jeunes informaticiens d’avoir une vision plus élargie d’un projet informatique et du SI, d’intégrer des données métiers auxquelles il n’avait pas accès en tant que simple développeur et de connaître le cœur d’activité d’une entreprise.
Testissimo : "En quoi, votre perception du métier de la qualification a-t-elle le plus évolué ?"
José : Ma vision est passée de celle « d’une activité finale » à celle d’un métier ayant pour objectif d’intervenir le plus tôt possible dans un projet afin d’en maîtriser la qualité, mais aussi les coûts.
Aymeric : Ma perception du métier de la qualification (en général) évolue tout le temps. C'est quasiment un "corps de métier" à part entière. Il y a plusieurs métiers et pour l'instant je n'en ai fait que deux plus la formation qui m'a appris beaucoup de choses sur un troisième...Et ça ne fait que commencer.
Marc : Me concernant je suis passé d’une expérience très succincte de la qualification à de véritables méthodes industrielles de la qualification, je pense que la qualité du SI passe inévitablement par la qualification et c’est certainement la politique que mènent les grands groupes.
Donat : J'ai été agréablement surpris par l'importance qu'on lui accorde. Je ne pensais pas qu'il existait une réelle industrie du logiciel de test, fournissant des outils toujours plus performants, pour aider la démarche de qualification. Enfin, je n'imaginais pas le degré de professionnalisation des personnes intervenant dans cette activité.



