Des pistes pour évaluer les charges de votre recette
Date de publication : 24/06/2006


L’estimation des charges relative à votre projet de qualification est une étape indispensable. Sa pertinence va vous assurer d’une part, une allocation de ressources et de budgets adéquats et d’autre part va vous permettre d’établir un planning réaliste qui garantit une bonne qualification du livrable à venir.  Cet exercice doit être effectué que vous preniez en charge, vous-même, la validation ou encore que vous la déléguiez à un intervenant externe. Dans ce dernier cas, il s’agit de mettre en place une méthode de calcul opposable par les deux parties, qui régira l’évaluation de toutes les demandes complémentaires de travaux. Si les retours d’expérience de projets passés peuvent vous aider dans cette tâche, cette démarche ne doit pas être qu’empirique mais répondre à un processus mûr qui repose sur la prise en compte de métriques tangibles et incontestables.


La bonne pratique est de passer par trois phases, qui vont permettre de mieux approcher cette évaluation des charges :

1. Déterminer un ordre de grandeur
2. Affiner cet ordre de grandeur à partir d’éléments tangibles du projet
3. Appliquer d’éventuelles pondérations

Déterminer un ordre de grandeur :

Il existe aujourd’hui un consensus sur des ratios à appliquer à la charge globale du projet. Ces ratios s’appliquent au nombre de jours ou au nombre de développeurs. Quelque le soit le critère privilégié, le consensus s’établit comme en général de la manière suivante :

  • De 25 à 30 % pour les projets « Large Market » qui impliquent un grand nombre d’utilisateurs et où la couverture des tests est importante
  • De 10 à 15 % pour l’intégration de progiciels avec peu de customisation
  • De 12 à 18% pour des applications de gestion interne impliquant peu d’utilisateurs, et comportant peu d’exigences critiques

Cette approche permet d’obtenir un ordre de grandeur, que l’on va affiner par la suite.

Affiner l’évaluation des charges :

La bonne pratique est de faire reposer l’évaluation des charges sur des métriques tangibles. La liste des exigences, lorsque l’on en dispose est l’élément à privilégier. Associée à la stratégie de qualification, elle permet de déterminer :

  • La couverture et la profondeur de l’effort de test
  • De classer les exigences par niveau de complexité ou criticité

Sur ce dernier élément, il faut différencier la complexité et la criticité. En effet, une exigence complexe n’est pas forcément critique, et inversement. La complexité renvoie plus vers un temps de préparation et/ou d’exécution plus long. Pour prendre en compte la criticité de l’exigence, on va travailler sur la profondeur de l’effort de test et donc associer un nombre plus important des cas de test à cette exigence. En résumé chaque exigence doit être évaluée suivant deux axes :

  • Complexité : Temps de préparation et/ou temps d’exécution plus long
  • Criticité : Nombre de cas de test plus important

Ensuite, on arrive à des temps élémentaires de préparation et d’exécution, en déterminant pour chaque classe d’exigence :

  • Le nombre de cas de tests que l’on peut spécifier et rédiger par jour
  • Le nombre de cas de tests que l’on peut exécuter par jour
  • Le nombre d’anomalies que l’on peut découvrir et documenter par jour

En multipliant par le nombre d’exigences, on obtient une approche des charges et on détermine des unités d’œuvre qui serviront de base par la suite à toute nouvelle évaluation.

En l’absence d’exigences claires, on peut se baser sur les fonctions ou encore pondérer l’effort de test, suivant qu’il s’agit de traitements transactionnels ou batch.

Appliquer d’éventuelles pondérations :

Ces métriques peuvent ensuite être pondérées par des éléments contextuels, parmi les principaux qui peuvent influer, on peut citer

* La qualité des exigences
* L’organisation du projet
* La connaissance du domaine fonctionnel ou technologique
* La disponibilité de la documentation

Par exemple, on n’appliquera pas de pondération si la documentation est disponible et de bonne qualité. Une pondération moyenne, en cas de difficulté à localiser des documentations qui ne sont pas mises à jour régulièrement. Une pondération forte, en cas d’absence de documentation.

Enfin, pensez à historiser toutes vos évaluations et charges réelles, afin de disposer d’éléments de comparaison, à chaque nouveau projet ou nouvelle campagne



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